Maroc : en coulisses de la Coupe d’Afrique des nations, l’extermination des chiens errants à cinq ans de la Coupe du monde

Maroc : en coulisses de la Coupe d'Afrique des nations, l'extermination des chiens errants à cinq ans de la Coupe du monde

Images choquantes, chiffres contradictoires et promesses officielles : le visage des rues du Maroc change à l’approche des grands événements sportifs. Vous entendez parler d’opérations pour « rendre les villes présentables ». Mais derrière ce mot se cachent des vies d’animaux et des tensions sociales. Voici ce qu’il faut savoir, simplement et sans détour.

Ce que dénoncent les associations

Des groupes de protection animale et des témoins locaux affirment que des campagnes massives visent les chiens errants. Certains parlent d’éliminations organisées. Le chiffre de 300 000 animaux tués par an circule dans les milieux associatifs. Il est avancé par des ONG et relayé dans la presse. Ces données restent difficiles à vérifier de façon indépendante.

Sur le terrain, des bénévoles racontent des scènes terribles. Ils rapportent des captures nocturnes, des empoisonnements et des tirs. Des vidéos partagées en ligne montrent des animaux blessés ou morts. Ces images ont provoqué un choc chez beaucoup de Marocains et d’observateurs étrangers.

Pourquoi ce phénomène persiste

Plusieurs facteurs expliquent la présence importante d’animaux sans maître. D’abord, des abandons répétés sur plusieurs décennies. Ensuite, une couverture insuffisante des campagnes de stérilisation. Enfin, des infrastructures vétérinaires inégales selon les villes.

Les associations insistent sur la méthode TNVR (capturer, stériliser, vacciner, relâcher) comme solution durable. Elles estiment que seuls des programmes systématiques et financés permettront de réduire progressivement le nombre d’animaux en errance.

Les autorités évoquent aussi la sécurité : on recense environ 100 000 morsures liées à des chiens errants chaque année, et 33 cas de rage mortelle en 2024. Ces chiffres alimentent la pression pour agir rapidement.

Initiatives officielles et promesses

En 2019, l’État a signé une convention impliquant plusieurs ministères et l’Ordre des vétérinaires. Le texte vise à encadrer les opérations et à favoriser la stérilisation et la vaccination.

Des dispensaires régionaux, parfois appelés DVR, ont été créés pour mettre en œuvre le TNVR. L’un d’eux, en forêt de Maâmora, a fait l’objet d’un scandale après la diffusion de vidéos montrant des animaux en très mauvais état. Les responsables ont assuré qu’il s’agissait d’incidents isolés et qu’ils renforçaient les contrôles.

Par ailleurs, des fonds importants ont été annoncés pour ces projets. Des voix s’interrogent néanmoins sur la traçabilité de certaines sommes. Ce manque de transparence nourrit la méfiance entre associations et institutions.

Controverses autour du projet de loi 19.25

Un texte récemment rendu public, le projet de loi 19.25, provoque l’inquiétude des défenseurs des animaux. L’article 5 y interdit, selon sa rédaction, de prendre soin d’un animal errant, que ce soit en l’hébergeant, en le nourrissant ou en le soignant.

Les associations dénoncent une possible criminalisation des gestes de secours. Le projet prévoit des amendes pouvant atteindre 3 000 dirhams (environ 280 euros). Pour beaucoup, cette mesure risque d’empêcher les initiatives citoyennes et de laisser plus d’animaux sans assistance.

Que pouvez-vous faire ?

  • Informez-vous avant de partager une vidéo. Vérifiez la date et la source.
  • Si vous êtes au Maroc, soutenez des associations locales sérieuses. Même de petits dons réguliers aident à financer des campagnes de stérilisation et de vaccination.
  • Signalez les abus aux autorités compétentes et aux organisations de protection animale. Une plainte déposée peut déclencher une enquête.
  • Si vous avez un animal, faites-le vacciner et stériliser. C’est la meilleure prévention contre la reproduction non contrôlée.
  • Contactez vos élus. Exprimez votre souhait d’une politique publique transparente et respectueuse du bien-être animal.

Le temps presse. À moins de cinq ans de la Coupe du monde, la question dépasse l’image touristique. Elle touche aux choix de société et à la manière dont on protège les plus vulnérables. Vous pouvez contribuer, à votre niveau, à ce que la réponse soit humaine et durable.

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Auteur/autrice

  • Marin Soler est journaliste gastronomique et critique culinaire avec plus de 12 ans d'expérience en rédaction et en reportage pour des médias spécialisés et guides de restaurants. Diplômé en management hôtelier et études culturelles, il combine rigueur d'enquête et sensibilité sensorielle pour décrypter tendances, techniques et parcours de chefs. Marin réalise portraits, tests de menus et chroniques d'actualité fondés sur visites anonymes, interviews et analyse de cartes. Il collabore régulièrement avec photographes culinaires et écoles hôtelières, privilégiant une approche factuelle, pédagogique et orientée vers la découverte durable des talents et des adresses.

À propos de l'auteur, Marin Soler

Marin Soler est journaliste gastronomique et critique culinaire avec plus de 12 ans d'expérience en rédaction et en reportage pour des médias spécialisés et guides de restaurants. Diplômé en management hôtelier et études culturelles, il combine rigueur d'enquête et sensibilité sensorielle pour décrypter tendances, techniques et parcours de chefs. Marin réalise portraits, tests de menus et chroniques d'actualité fondés sur visites anonymes, interviews et analyse de cartes. Il collabore régulièrement avec photographes culinaires et écoles hôtelières, privilégiant une approche factuelle, pédagogique et orientée vers la découverte durable des talents et des adresses.

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